U-M-Péthon

Depuis quelques mois, j’habite à deux pas de l’église San Rafeù, la vieille église du XIIème siècle, celle dite des Templiers. Dans le voisinage se trouve aussi le local de l’UMP, dans la rue pavée qui longe le marché République. Je suis donc amené à passer devant ce local quotidiennement.

titisan_rafeu-20cdfPresque tous les soirs, à la fraiche, des réunions s’y tiennent. Habituellement, quelques personnes écoutent ou discutent. Je n’entends que rarement plus d’un mot ou deux en passant. Mais cette fois, il y avait foule, les chaises étaient sorties sur le pavé, la petite pièce ne suffisant pas. Et l’orateur parlait fort, pour être entendu de tous.

Il était question de l’U-M-Péthon. Vous savez, Sarkozy, l’ancien président, celui qui a perdu toutes les élections depuis 2007, celui qui a ruiné la France, celui qui est venu faire la quête auprès des français pour sauver le parti qu’il a aussi ruiné. Oh, rien de polémique là-dedans, j’en ai autant pour son successeur, qui, par aveuglement, conduit la France vers l’abîme que creuse avec aplomb la Marine, laquelle espère profiter de nos restes.

Mais je m’égare. L’orateur était en train de se féliciter que la cinquième circonscription du Var, la mienne, ait, en une semaine, récolté 8000€. C’est peu, pour une des circonscriptions qui compte le plus d’imposés sur la fortune de France, mais bon, les riches sont radins, c’est bien connu…

Et le voilà qui en rajoute, qui précise qu’il s’agit de la cinquième circonscription élargie, que des sympathisants extérieurs auraient également donné leur obole. Et même une famille venue du Morbihan, dis-donc !

Au cas où cette rumeur viendrait à vos oreilles, je tiens à préciser que, bien qu’originaire de Bretagne, je ne suis pas le généreux donateur morbihanais qui a financé l’UMP à Saint Raphaël. Dame non.

Mouroir

20 juillet, c’est l’été, normal. Impression de vivre dans un village, la convivialité, les bruits, le calme, tout ça. Et pourtant, derrière les toits, la ville.Il fait beau, c’est l’été, c’est normal.

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Cet immeuble, on y vit au dernier étage. Deux portes sur le palier, un couple de retraités souriants, et nous. En dessous, des appartements silencieux. Vides ou habités. Beaucoup de personnes âgées. Un couple plus jeune, un peintre, mais aussi un jeune homme et sa compagne enceinte. Ceux-là ne resteront sans doute pas dans leur deux pièces exigu.Il y a aussi cette jeune femme, propriétaire à vingt-cinq ans. Merci papa.

Un immeuble à l’image de la ville. Ici, la population de seniors a dépassé celle de Menton, faisant de Saint-Raphaël la ville la plus vieille de France. Pourtant le maire, sans doute touché par un début de gâtisme, s’est récemment réjoui du rajeunissement de la cité. On lui aura mal expliqué, certainement. Un immeuble de vieux, pour dit le mot qui convient. Comme il se doit calme, endormi. Trop quelquefois.

Ce matin, un mot, dans l’ascenseur, pour l’achat d’une couronne. M. S… est décédé. J’en parlais avec Mme P…, qui gère les garages, les jardinières et les clés des résidents. Je ne connais pas ce monsieur S… je ne l’ai jamais croisé. J’essaie des mots maladroits, pour exprimer mes condoléances. C’est qu’elle a l’air touchée, Mme P… alors j’ai dit que c’était inévitable, à un certain âge.

Elle a eu un regard. Il avait soixante ans, elle a ajouté.

Diable…

Mont Vinaigre

En route pour une randonnée à quatre. Á la sortie d’un rond-point, une aigrette attend sagement sur le trottoir de traverser au passage piéton. Surpris, pas le réflexe de m’arrêter, l’appareil photo est dans le coffre. Dans le rétroviseur, je la vois passer, terminer en courant pour échapper à la voiture qui arrive.
Le Mont Vinaigre, le double sommet qu’on aperçoit de la maison, surmonté d’antennes, et d’une tour de guet occupée par les pompiers l’été.

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Temps brumeux, soleil et douceur de l’air. La marche vers le sommet commence tranquillement, montée sous les chênes lièges et les pins. Pourtant le sentier est jonché de branchages, coup de vent récent, et la terre retournée par endroits. Des sangliers ont fouillé le chemin dans la nuit.

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Après une heure et demie de marche, on arrive au sommet du Mont Vinaigre. On distingue le paysage à travers la brume, les vallonnements de l’Estérel, les sommets enneigés du Mercantour, ceux des barres calcaires du Lachens et de l’Audibergue, la baie de Cannes et celle de Fréjus. 

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La descente se fait sur le versant sud du mont d’abord, sur un sentier caillouteux. Le sol est sec, aride. Quelques eucalyptus aux branches gelées, les pins et les broussailles contrastent avec le rose des rochers. A la maison forestière, des ruches endormies, quelques abeilles volent tout autour. Miel de maquis, thym et bruyère pour le moment. Bientôt les fleurs d’arbousiers, l’or des genêts et puis le blanc et le mauve des cystes. Il faudra revenir au printemps.

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La descente se poursuit sur le flanc nord, sur une piste forestière humide, la piste de la Duchesse. Des bogues de châtaignes sur le sol, des champignons. Là, c’est à l’automne qu’il faudrait revenir.

Mal aux fesses ce matin, c’était notre première randonnée de l’année.